Le transfert et la psycho.

Tous les thérapeutes sont confrontés à un moment ou à un autre au processus de transfert de la part d'un consultant.


C'est Freud qui a mis en avant ce mécanisme de transfert. Comme il était d'origine autrichienne et parlait allemand, le mot utilisé était Übertragung qui signifie littéralement « report » mais a été traduit par « transfert » en français.

Mais le transfert ne s'opère pas que de patient à analyste ou de consultant à thérapeute.

Qu'est ce qu'un transfert ? Les sentiments ou les désirs inconscients, positifs ou négatifs que l'on a éprouvé par le passé et qui persistent encore envers une personne sont reportés vers une autre qui la représente symboliquement.

Le transfert fait parti de l’aventure humaine ! 
Ce phénomène immatériel peut exister dans toutes les relations entre individus à des degrés variables.

Le transfert dans la thérapie
Le désir, la colère, le mépris, la frustration... sont des sentiments qui peuvent surgir lors d'une thérapie. Il est plus facile pour le consultant, dans le moment, de transférer ces sentiments vers le thérapeute. Toutes ces émotions ressenties doivent être exprimées, sans aucune censure, par le consultant afin que le travail d'interprétation soit productif.
En psychanalyse, le transfert est entretenu et encouragé pour le processus de réparation. Mais ensuite, il faut se "débarrasser" de ce transfert... d'où la longueur d'une analyse.
Dans les thérapies brèves, il n'est pas entretenu. Il est déniché, extrait et examiné au fur et à mesure pour amener rapidement à une prise de conscience.

Le transfert organisé
Dans les constellations familiales, le transfert est au cœur de la thérapie et organisé grâce à un jeu de rôles où chaque participant est la représentation symbolique d'une autre personne. Cela suppose de pouvoir faire preuve d'un minimum d'empathie.

Le transfert dans la vie courante
Une grand-mère qui appelle systématiquement ou presque sa petite-fille par le nom de sa mère avec qui elle est en conflit.
Un père qui voit son frère dans certains comportement de son fils et qui lui fait des remarques inappropriées à la situation.
Deux amies qui se disputent régulièrement sur les mêmes sujets comme elles le font avec leurs propres sœurs ou mères...
Après une rupture sentimentale, voir dans une nouvelle relation la personne avec qui l'on n'est plus.
En étant attentif, on peut remarquer et trouver un grand nombre d'autres exemples de ce genre de comportement qui sont autant de transferts (à ne pas confondre avec l'effet miroir).

Les questions à se poser dans les deux cas : 
→ Pour qui ai-je déjà ressenti un tel sentiment ?
→ Dans quelles conditions ai-je déjà ressenti cela ?
→ Quelle situation a déjà provoqué cela ?
→ Quelles ont été mes réactions à la suite de ce phénomène ?
→ Y a-t-il des mots qui provoque ces sentiments ?
→ Y a-t-il des gestes, des expressions physiques qui provoquent ces sentiments ?...

Il ne peut y avoir transfert que si la relation entre les personnes n'est pas indifférente.

Ce transfert qui s'opère permet de retraverser les ressentis, d'en prendre conscience, de les nommer et de s'en débarrasser. Il permet de revivre les émotions sans la présence du personnage d'origine, de liquider des éléments du passé qui influencent toujours nos comportements.

Qui dit "transfert", dit "contre-transfert" ! Nous avons affaire, d'un côté comme de l'autre, à des personnes qui ont des émotions. L'individu qui devient le jouet d'un transfert a lui-même des réactions inconscientes provoquées par cette situation qui ne lui appartient pas.
Si c'est un thérapeute, celui-ci ne devra pas se laisser submerger par ses propres problématiques et transformera ses émotions en un outil thérapeutique dynamique.
Si c'est une personne de l'entourage, on se doute bien que tout peut arriver car il n'est pas évident au premier abord de prendre conscience que l'on est l'objet d'un transfert et ensuite d'analyser les émotions qui en découlent ! Cela donne des situations faussées qui n'ont pas lieu d'être et qui peuvent vite devenir ingérables.


Auteur : Pascale J.M.